• Une création en interaction


    Une création en interaction

     

    Une création en interactionDeux univers se croisent, se répondent pour en créer un nouveau. L’horizontalité des toiles d’Agnès Rainjonneau peut se lire comme une partition interprétée par le compositeur. Tout comme l’univers des compositions d’Arnaud Coutancier amène les couleurs, les ondes et se matérialise en peinture avec les gestes de la plasticienne.

     

    Une création en interactionDans la réalisation de cette installation, les artistes ont avancé en parallèle. Des peintures ont donné naissance à leur interprétation musicale, tout comme certaines musiques ont précédé la peinture. Dans le premier cas, si le compositeur a cherché à être fidèle aux éléments rythmiques dessinés, et parfois de façon métronomique, il s’est également attaché à rendre les couleurs, les harmonies.

     

     

      

    Arnaud Coutancier 

     « Pour les peintures existantes avant la musique, je les ai abordées chaque fois de la même façon. Je la choisissais en fonction de l’humeur du moment, l’épinglais sur un mur de mon studio, prenant le temps de m’inspirer de l’ensemble, la regarder dans le détail, m’en imprégner. 

    Une création en interaction

     Ensuite, j’en collais une photocopie dans un cahier et traçais dessus un time code, découpant ainsi la peinture en tranches de 10 secondes, chaque musique devant faire environ 2 minutes. 

     Dans une lecture de gauche à droite, je m’attachais en premier lieu aux sinusoïdales présentes, de façon plus ou moins visibles, dans toutes les peintures. Je continuais en m’intéressant aux différents évènements survenant dans cette lecture au fil du tempo. 

     Cela peut paraître un travail très technique, presque rigide. Mais cela correspond sans doute à un trait de mon caractère. J’aime les lignes pour les déborder, les cadres pour les exploser. 

     Une fois posée cette première structure qui pouvait être, un thème, un rythmique, je revenais souvent à l’ensemble pour développer l’harmonie, les ruptures, les couleurs, triturer les sons et parfois la structure elle-même créant des distorsions : la musique échappant ainsi à la paraphrase de la peinture pour devenir le révélateur d’une compréhension et d’émotions complémentaires ».

     

     

    Agnès Rainjonneau

     « Dans mon atelier, je voulais me confronter à un cadre sonore qui guiderait mon geste. Mes premières toiles ont été nourries des recherches réalisées au préalable à l’écoute de  musiques prises à la radio. Je voulais une grande variété de rythmes, d’atmosphères et surtout ne pas avoir le choix. Ensuite j’ai pris mes CD, et continué ce travail de recherche sur des musiques que je connaissais et que j’aime. 

    Une création en interaction

    Au départ, je suis restée au centre de la toile, en superposant mes gestes d’épaisseurs et d’intensités différentes. Je travaillais par ondes, rythmes. J’écoutais la musique en dissociant chaque voix et instrument, ce qui m’amenait à un travail très linéaire. Puis, j’ai pris conscience que le son enveloppait le volume de mon atelier et la couleur a envahi la surface de ma toile. Grâce à cela, je lui donnais l’ambiance « sonore » ou l’atmosphère. Les jus se sont superposés pour donner de la profondeur et du relief. Mes gestes, lignes courbes et brisées se répondaient, s’entrechoquaient, ou s’harmonisaient dans et sur un espace coloré. Ces gestes se dirigent dans la même direction, indiquant à l’œil le chemin à parcourir comme l’oreille suit la musique d’Arnaud ».

     

     

    Une création en interactionArnaud Coutancier  

     « Pour les musiques que j’ai données à Agnès et sur lesquelles elle a ensuite travaillé, je n’avais aucune contrainte autre que la durée. Le jeu s’inversait. Cela pouvait paraître plus libre, n’ayant qu’à me laisser porter par mes propres envies ou émotions ; pourtant je me suis rapidement rendu compte que dans cet espace, à priori vierge, l’univers pastique d’Agnès continuait d’être, malgré l’absence de support, très présent.

     

     

     

     

    Agnès Rainjonneau Une création en interaction

     « L’atmosphère colorée de mes toiles se décidait à la première écoute de la musique. Puis je m’attardais aux voix ou instruments qui guidaient mes gestes (plus ou moins larges, épais, amples, rapides…) Il me fallait plusieurs écoutes avant de poser le premier geste ». 

     

     

     

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